CHOEURS DU TARN
Concert Mozart
La Symphonie n°29 KV 201
Le Requiem en Ré mineur KV 626

Lundi 12 juin 2012 à 21h
Abbatiale Saint Michel de Gaillac
Les concerts précédents :

2017
REQUIEM M. Haydn, SYMPHONIE N°49 J. HAYDN : 9 juin 2017 à Gaillac
2016
Concert CHOEUR ORGUE TROMPETTE : 6 décembre 2016 à Gaillac
Concert QUILAPAYUN et l'Ensemble Vocal : 18 juin 2016 à Gaillac
Concert Gounod – Tchaïkovski : 12 avril 2016 à Gaillac avec « L’Orchestre Mozart » de Toulouse
2015
Concert de Noël Choeur Orgue Trompette : 15 Décembre 2015 à Albi
Concert d'automne « De Mozart à Jenkins » : 31 Octobre 2015 à Gaillac, 20 Novembre 2015 à Castres
Concert Cherubini : 2 juin
2014
Concert Mozart : 10 juin
2013
Concert Saint Saëns : 18 juin
2012
Concert Mozart : 12 juin
2011
Te Deum de M.A. Charpentier : 16 décembre
« Quilapayun » - CANTATE pour le peuple AYMARA : 22 octobre
Spectacle musical « Terre Mozart » : au Scénith d’Albi le 16 juin
2010
Fauré / Vivalvi : 7 juin
Carmina Burana de Carl Orff : 9, 16, et 29 mai
2008
Canto General : 20 décembre
2007
Bizet / Gounod : 13 et 14 novembre
Schubert : 19 et 20 juin
2006
Mozart - M Haydyn - Corelli, Concert de Noël : 15 décembre
Mozart, Messe du Couronnement : 26 et 27 juin
2005
Misa Criolla, Navidad Nuestra : 17 décembre
Grands Choeurs d'Opéra : 29 mai
Gospels, Choeurs d'Opéra, Musiques de films (au profit des enfants d'Asie) : 29 janvier

En ce mardi 12 juin 2012 l’Abbatiale Saint Michel de Gaillac comptait un public si nombreux que les places manquaient : l’effet de la magie qu’opère toujours l’annonce du Requiem en ré mineur KV 626 de Mozart se vérifiait une fois encore ! et même si certains spectateurs étaient déjà venus écouter - et voir - cette œuvre au Scénith d’Albi l’année précédente, ils avaient eu envie de l’entendre à nouveau, dans un contexte différent, plus intime, plus imprégné de spiritualité, et dirigée par un autre chef, Claude Roubichou, à la tête de l’Orchestre Mozart-Toulouse.
Le public a partagé cette émotion et l’a manifesté au travers de nombreux témoignages. Un beau moment de musique.
En première partie, les jeunes et talentueux instrumentistes enchantèrent l’auditoire avec la Symphonie n° 29 KV 201. Quant à l’Ensemble Vocal de la Vallée du Tarn, porté par l’énergie et l’intensité de la musique ainsi que par l’enthousiasme et la confiance de Claude Roubichou et de ses musiciens, il eut à cœur de servir le Requiem avec la ferveur, le respect et l’exigence de qualité que cette œuvre sublime requiert.

Le Requiem de Mozart est une œuvre « hors du commun »… Jamais sans doute une composition musicale n'a laissé derrière elle un trouble aussi profond, nourri par deux siècles de légendes.

Écrit pour un chœur à 4 voix très largement sollicité et 4 solistes, le Requiem reste l’une des œuvres emblématiques de Mozart. L’émotion est immense dès les premiers accords de l’orchestre symphonique dont la sonorité particulière est due au choix des instruments, l’absence des instruments aigus de la famille des bois (flûtes et hautbois) et du cor d'harmonie. Cette sobre orchestration renforce la gravité et la transparence de l'œuvre, et crée une atmosphère sombre et austère, enrichie cependant par les timbres souples et graves des cors de basset et des cordes.

Les circonstances de la composition du Requiem ne manquent pas de romanesque. On sait aujourd'hui que l'œuvre fut commandée par le comte Walsegg, veuf et mélomane qui voulait offrir une Messe des morts à la mémoire de sa femme défunte.

Mozart a composé son Requiem en Ré Mineur, une tonalité souvent associée à l’au-delà. Il n’y met pas en scène sa propre mort. Il ouvre infiniment, simplement, une fenêtre d'où une lumière de consolation peut nous parvenir. Ainsi, le début du Requiem exprime la profession de foi du compositeur avec cette douce résignation, ce sourire un peu triste propre à sa vision de la Mort. Aux portes de l'inaudible, la musique s'installe avec des sonorités étranges et graves utilisant les cordes divisées, les cors de basset et les bassons. Le Chœur apparaît sur une plainte douloureuse mais ferme, et il appartiendra à une soprano solo d'évoquer la louange de Dieu.
Le Lacrymosa et le Recordare trahissent une grande émotion et le Dies Irae est plus proche des sortilèges de la Reine de la nuit que du jour de colère de Dieu. Plutôt ode funèbre à l'amitié que peur de la mort.

Ce fut son dernier chef-d’œuvre… la mort le surprit en plein ouvrage. C’est l’élève du compositeur, Franz Xaver Süßmayr, qui termine la partition en s’appuyant sur les idées musicales griffonnées par le maître.
Ainsi achevée, cette œuvre est étonnante par sa synthèse de tout le savoir-faire de Mozart, de tout son héritage des grands maîtres, mais aussi par sa prémonition des sonorités à venir, et surtout par l'histoire individuelle et universelle que décrit cette Messe des Morts.

Une œuvre qui enrichit l’âme, qui donne l’occasion d’un moment musical dont on sort rêveur.

 
Un peu d’histoire... autour de la Symphonie n° 29


De retour de Milan où a été créé son premier opera seria d'envergure, Lucio Silla, et avant de se rendre une nouvelle fois à Vienne dans l'espoir d'y décrocher un poste à la cour, Mozart fête ses 17 ans dans sa ville natale. « On n'est pas sérieux quand on a 17 ans », proclame, un siècle plus tard, l'alexandrin d'un autre génie précoce, et précocement foudroyé - Arthur Rimbaud.

Compositeur aux semelles de vent, Mozart, à 17 ans, lui non plus n'est pas sérieux.
Ou, plutôt, il est sérieusement en ébullition, sérieusement impatient, sérieusement révolté. Encore chaperonné par son Léopold de père, qui comprend de moins en moins le génie musical de son fils, à l'étroit et à l'écart dans une ville de province rétrograde, Wolfgang n'aspire qu'aux orages désirés du romantisme naissant (le Werther de Goethe paraît l'année suivante), brûle de la fièvre et de l'urgence de ceux qui se savent à la fois prédestinés et menacés.

A l'écoute des symphonies composées entre 1770 et 1774, qui, parcourues par les mêmes frissons d'angoisse, vibrent toutes des mêmes turbulences passionnées, des mêmes soubresauts cinglants, aucun doute n'est permis ! Le génie de Mozart n'est pas chronologique, mais chronique, indifférent à l'évolution du temps, égal dans ses accès d'éblouissement et de perfection à toutes les époques de sa vie de compositeur.

Mais la 29ème Symphonie, en la majeur, composée début 1774 se détache du style galant des autres symphonies de cette époque ; c’est une œuvre gaie, qui montre un parfait contraste avec, par exemple, la Symphonie no 25 en sol mineur.

Avec leur atmosphère d'un pathétisme tourmenté, les symphonies salzbourgeoises sont un avant-goût des dernières œuvres orchestrales composées quinze ans plus tard, en 1788, à Vienne - les célèbres trois dernières symphonies, la 39e, la 40e en sol mineur, et la 41e, Jupiter. Seuls le « métier », la révélation du contrepoint de Bach font la différence. Le jaillissement de l'inspiration, l'élégance mélodique, la phosphorescence de l'orchestration sont du même carat. Léopold avait déconseillé à son fils de publier ou de faire jouer ces symphonies salzbourgeoises, car disait-il, « elles ne te font pas honneur ». C'était une erreur que le temps et le public mélomane se sont chargés de réparer…

La Symphonie nº 29 en la majeur, KV. 201 se découpe traditionnellement en quatre mouvements :

  1. Allegro moderato
  2. Andante
  3. Menuet et Trio
  4. Allegro con spirito


Une soirée musicale d’une belle qualité pour rendre hommage à un musicien d’exception !


Entrées sur réservation : 13 €
Harmonia Mundi Albi – Offices de Tourisme Albi et Gaillac
Billetterie Leclerc Albi et Gaillac – Ticketnet.fr
Entrée sur place : 15 €